mercredi 19 août 2009

Aïcha Mokhtari ... Elle n'a pas pu être soignée.



Elle n'a pas pu être soignée.

C'est à quelques heures de notre capitale ... en pays voisin, frère, ami d'où toute une communauté fait partie intégrante de notre paysage social, démographique, culturel, professionnel, idéologique politique et autres...

Toutes les demandes ont été faites, validées puis mises en attente, refusées, rejetées.

NON, on a dit non, on n'a pas voulu accepter.

On a validé un NON radical.

On a validé un NON d'ingérence à une situation à risque

On a validé une non-assistance à personne en danger …

C'est lamentable, ubuesque, kafkaien ….

A l'heure où la plupart rient, se baignent, sont attablés en terrasse et en famille , çà me révolte et je ne peux l'accepter sans réaction sans interpellation !!

Comment peut-on accepter la souffrance d'un être demandant aide, secours, assistance, soins sans tendre la main sous prétexte de …

  • Visa

  • homonymie

  • bureaucratie

C'est à dessein que je n'en mets pas tous les motifs invoqués.

Pour moi, je n'en vois aucun qui valide une telle situation.

Au départ, je me suis toujours, souvent en tous cas positionnée hors politique, structures syndicales ou toute émergence de diktats structurés.

Pour moi, une seule loi est à mettre en exergue, en émergence je dirai :

  • la dignité

  • l'identité

  • l'intégrité de la personne humaine

et ce quelque soit la couleur, son mode de pensée, de fonctionnement.

C'est la seule loi à reconnaître, celle du respect de l'individu de part et d'autres.

Où sont nos lois internationales ?

Où sont nos réseaux internationaux, si prompts parfois, souvent à se mobiliser ?

Où sont-ils donc passés ??,

Où sont passées nos valeurs de dignité, de liens, de mains tendues.

Une femme a perdu la vie à l'envers de nos foyers, de nos consciences, de nos regards dans des souffrances gratuites et innommables.

J'en appelle à tous ceux qui prônent nos idéologies : comment doit-on le percevoir ?


TAIRI

*************************

RAPPEL
Maroc: Un refus de visa français transforme la vie d'une famille d'Oujda en véritable enfer/ La longue lutte des Mokhtari pour le droit aux soins
Ahmed SAAIDI / Libération (Casablanca)

20 Juin 2008
"No passaran ! ».

Le cri de ralliement de la Passionaria aura fait long feu.

A preuve, Aïcha Mokhtari ne passera pas la frontière française comme indiqué dans l'oukase des autorités consulaires de ce pays à Fès.

Malgré ses atroces souffrances, malgré qu'elle ait produit toutes les pièces administratives exigées et malgré les multiples recours que son frère aura introduits auprès des plus hautes autorités de l'Hexagone, elle n'ira point se faire soigner en France.
Son cancer continuera donc à la ronger jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Au vu et au su de tout le monde, y compris du Président de la République, Nicolas Sarkozy, de son ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, Brice Hortefeux, et de sa secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, Fadéla Amara, qui ne pourront, comme le commun des mortels, être taxés ou poursuivis conformément à l'article 223-6 du Code pénal français qui condamne l'abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril.

Flash Back : Aïcha, une Marocaine native d'Oran en 1957 et qui habite l'un des quartiers populaires d'Oujda, est tombée malade en mars 2007. Malgré deux opérations chirurgicales et plusieurs séances de chimiothérapie, son cancer n'a pas arrêté de se développer.
Son frère et seul soutien, Abdelaziz Mokhtari, a donc voulu la faire admettre dans un établissement hospitalier spécialisé autre que ceux qu'elle a déjà fréquentés sans résultat.

Comme l'autre frère de Aicha, Abdelhadi, vivait en France et portait la nationalité du pays des Lumières, décision a été prise de la faire hospitaliser à l'Institut de cancérologie Gustave Roussy ; un établissement privé à but non lucratif situé à Villejuif dans le Val-de-Marne et qui compte parmi les premiers centres européens de lutte contre le cancer.

Ce fut ensuite un véritable branle-bas de combat.
Prises de rendez-vous à l'Institut Gustave Roussy et au service des visas du consulat de France à Fès, établissement d'un certificat médical par le Centre hospitalier préfectoral Al Farabi résumant le cas, d'une IRM, d'une radiographie et d'une biopsie par différents centres à Oujda, établissement d'un dossier médical par l'Institut Gustave et versement d'un acompte, règlement des frais de visa, établissement d'attestations d'accueil et de prise en charge, établissement d'un contrat par Mondial Assistance, achat d'un billet d'avion aller-retour vers la France, etc.

Résultat : rien. Absolument rien hormis un refus qu'Abdelaziz a considéré comme d'autant plus « brutal et inhumain » qu'il n'a pu « obtenir d'explications ni le mobile réel de ce refus ».

« Vu la régularité du dossier et l'absence de toute intention d'immigration qu'elle soit choisie ou clandestine, j'ai été outré de constater, suite à une petite enquête personnelle, que le refus de visa pour ma soeur est dû à une malencontreuse homonymie », nous a-t-il précisé.



1 commentaires:

mokh a dit…

bonsoir ; Je tiens au nom de toute ma famille à Vous remercier de ce grand soutien qui a duré plus de 2ans mais rassurez vous que pour rendre hommage à ma soeur courageuse qui a tant combatu ; une lettre sera prochainement adressé au Roi du Maroc pour lui rappeler les faits car mon combat n'est pas terminé
Encore une fois merci beaucoup
Abdelaziz Mokhtari tel 00.212.662.30.12.85 ou 00.212.660.46.07.15
Merci ét à tres bientot