
jeudi 20 mars 2008
Décédée hier à son domicile de Plombiéres-les-Dijon Chantal Sébire en a fini avec son calvaire
Chantal Sébire est morte hier soir aux alentours de 20 heures.
La cause de son décès n'était pas établie à l'heure où nous écrivions ces lignes. Chantal Sébire s'est éteinte
dans son appartement de Plombières-lès-Dijon, hier soir.
Selon nos informations, ses enfants et son frère étaient présents.
La gendarmerie a rapidement filtré l'accès du quartier . Un médecin légiste, puis une équipe de l'identification criminelle sont arrivés
vers 20 h 30 au domicile de Mme Sébire.
Le colonel Debarge, qui commande le groupement de gendarmerie de Côte-d'Or, a expliqué qu'il s'agissait
« d'une procédure normale ».
Le médecin traitant de Chantal Sébire, le docteur Debost qui s'était rendu à Paris dans la journée, à la demande de Nicolas Sarkozy pour rencontrer le professeur Arnold Munnich, était également attendu hier soir à son domicile.
Chantal Sébire en a donc fini avec son martyre.
L'ancienne institutrice, âgée de 52 ans, qui souffrait depuis 2002
d'une tumeur qui l'avait défigurée et rendue aveugle,
implorait, depuis le mois de février, l'euthanasie.
Elle avait volontairement alerté les médias
pour faire entendre sa souffrance physique et morale.
Acte d'amour
Le mercredi 12 mars, elle s'était rendue elle-même au tribunal de grande instance de Dijon. Elle y avait déposé une requête demandant à la justice
de lui accorder le droit de mourir dans la dignité.
Elle souhaitait que l'un de ses médecins soit autorisé à lui adresser
une potion létale provoquant une mort immédiate.
Chantal avait alors précisé qu'elle souhaitait partir dans la mort
entourée des siens et de son médecin :
« Je demande un accompagnement dans un acte d'amour ».
A la sortie du tribunal, Chantal Sébire que nous avions rencontrée
était apparue épuisée.
Elle était soutenue par sa fille Virginie et Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité.
Lundi, sa requête avait été rejetée.
A l'annonce du jugement, Chantal Sébire s'était contentée de cette simple phrase : « Ils ne sont pas courageux... »
Chantal avait décidé de ne pas faire appel de cette décision et avait laissé entendre qu'elle se rendrait en Suisse, pays qui autorise le suicide assisté.
La loi du silence brisée
Le calvaire de Chantal et sa médiatisation ont eu un retentissement considérable en France et à l'étranger.
En brisant la loi du silence, l'ancienne institutrice avait contraint les plus hautes instances de l'État à s'exprimer sur la loi Léonetti dont les avocats de Chantal condamnaient « une certaine forme d'hypocrisie ».
Hier, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et médecin, avait pris fait et cause pour Chantal en demandant une exception à la loi,
pour lui permettre de ne pas se suicider
« dans une espèce de clandestinité dont tout le monde souffrirait,
surtout ses proches ».
Nadine Morano, nommée mardi secrétaire d'Etat à la Famille, avait également réaffirmé qu'elle était favorable à l'euthanasie :
« Je trouve assez dommage de devoir quitter le territoire français pour pouvoir accéder à son désir de mourir dans la dignité »
avait-elle souligné.
Chantal s'en est allée, sans quitter son petit appartement
de Plombières-lès-Dijon.
Enfin délivrée de son calvaire. Catherine VACHON
****************
Atteinte d'une maladie incurable,
elle avait demandé à être euthanasiée.
Sa requête avait été rejeté lundi dernier par la justice.
Chantal Sébire, cette femme de 52 ans atteinte d'une maladie incurable et qui souhaitait être euthanasiée, a été retrouvée morte mercredi soir à son domicile de Plombières-les-Dijon en (Côte d'Or), rapporte le quotidien «Le Bien Public», confirmé par le ministère de l'Intérieur.
D'après Marie Humbert, la mère de Vincent, le jeune tétraplégique qui avait demandé à mourir en 2003, contactée par le figaro.fr, la femme
«aurait mis fin à ces jours mercredi vers 19 heures».
Chantal Sébire souffrait d'une tumeur évolutive des sinus
et de la cavité nasale.
Cette maladie incurable et très rare
- 200 cas recensés dans le monde en 20 ans - provoquait
des souffrances décrites comme «atroces» par Chantal Sébire.
Cette mère de trois enfants avait réclamé
le droit de «mourir dans la dignité»
mais la justice avait toutefois rejeté lundi sa demande.
Mercredi après-midi, le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait fait entendre une voix discordante sur la question de l'euthanasie. Prenant le contre-pied de la ministre de la Justice, Rachida Dati, il a affirmé qu'il fallait «permettre» à l'ancienne institutrice défigurée
«de ne pas avoir besoin de se suicider dans une espèce de clandestinité dont ses proches souffriraient».
Au même moment, Nicolas Sarkozy avait reçu à l'Elysée le docteur Emmanuel Debost, le médecin traitant de Chantal Sébire.
Après avoir reçu un courrier de la malade, le chef de l'Etat avait demandé au Pr Munnich, conseiller du président, qu'un «nouvel avis» soit donné
«par un collège de professionnels de la santé
du plus haut niveau» sur son cas.
Jean Léonetti, député-maire UMP d'Antibes et rapporteur de la loi votée à l'unanimité en 2005 instaurant un droit au «laisser mourir» mais pas à l'euthanasie active, a été chargé d'une mission d'évaluation
pour remédier à «la méconnaissance des textes» et éventuellement à «l'insuffisance de la législation».
La mort de Chantal Sébire intervient le même jour que celle de l'écrivain belge Hugo Claus qui, atteint de la maladie d'Alzheimer, a choisi de mourir
en Belgique par euthanasie mercredi à l'âge de 78 ans.
La Belgique fait partie depuis 2002 des rares pays au monde à avoir légalisé l'euthanasie sous certaines conditions.