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lundi 24 octobre 2016

Démantèlement de la "Lande de Calais" / appel de Rouen.




Calais : contre les expulsions destructrices

Il n'y a pas d'étranger sur cette terre !


A Calais, les autorités préparent la destruction des cabanes où survivent 9000 personnes. C’est pourtant précisément à cet endroit que les mêmes autorités ont décidé de parquer ces gens en 2015, le plus loin possible de la vie de la cité, tolérant explicitement la construction de ces abris. Malgré les conditions de vie extrêmement difficiles, les exilé-e-s se sont organisé-e-s individuellement et collectivement. Une vie sociale s’est développée, aujourd’hui menacée, sans autre solution que l’errance.

La recrudescence de ces expulsions/destructions ces derniers mois est le signe de l’échec patent des politiques d’inhospitalité mises en place par l’État et certains élus locaux à l’encontre des migrant-e-s. Nous le savons par expérience : les expulsions des lieux de vie n’ont jamais eu d’autres conséquences que d’aggraver la précarisation des personnes expulsées qui perdent leurs effets personnels, sont dispersées et condamnées, plus fragilisées encore, à errer à la recherche d’un nouvel abri. Sans concertation ni solutions adaptées, la destruction des abris détruit aussi un réseau social.

Enfin, les discours qui accompagnent ces destructions cristallisent et encouragent les réactions xénophobes. Ces destructions sont irrespectueuses des personnes qui passent mais aussi de celles qui restent, en transformant la question de l’accueil en problème et en faisant croire qu’il suffit de détruire des abris pour régler ce problème.


Les organisations signataires partisanes de l'ouverture des frontières demandent :

un moratoire sur les expulsions et destructions dabri, tant que des solutions adaptées ne seront pas réfléchies,

que les mineurs isolés qui veulent rejoindre leur famille en Grande Bretagne puissent réaliser leur souhait,

l'accueil de tou-te-s les réfugié-e-s qui fuient la guerre, la misère, la faim, la sécheresse, les inondations, les dictatures, dans des conditions respectueuses de leur dignité (logement, travail, santé, éducation)


Rassemblement

mardi 25 octobre de 18h00 à 19h00

place Saint-Sever

Collectif de défense des libertés fondamentales : AFPS (Association France palestine Solidarité), ATTAC, CREAL (Comité de Réflexion et d'Action Laïque 76), DAL (Droit au Logement), Ensemble!, FSU (Fédération Syndicale Unitaire), LDH de Rouen (Ligue des droits de l'homme),Nouveau Parti Anticapitaliste, Rasl'Front Rouen, SGEN- CFDT Haute Normandie, SAF (Syndicat des avocats de France),...

et : Alternative Libertaire, ASTI (Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés), Cimade (Collectif Inter Mouvement Auprès des Evacués), Gauche Révolutionnaire, GREF (Groupement des éducateurs sans frontière), Pastorale des migrants, RESF (Réseau Education Sans Frontières), ...



Intervention de Khadija Ryadi, coordinatrice de la Coordination Maghrébine des Organisations des Droits Humains – CMODH à l’ONU / Genève.







Intervention de la CMODH sur le point 25

Cette intervention contient deux points :
1) la « Liberté de réunion et de manifestation pacifiques » :
Depuis juillet 2014, plus de 120 réunions pacifiques ont été interdites arbitrairement. Des ONG ont saisi la justice. Laquelle a condamné les autorités de violation des lois. Mais l’Etat continue ses interdictions.
L’utilisation disproportionnée de la force publique est une pratique courante des autorités. Il en découle l’atteinte à l’intégrité physique des manifestants pacifiques, y compris des cas d’atteinte au droit à la vie restés impunis.

Nous demandons à l’Etat de :
- Mettre fin aux interdictions systématiques infligées aux ONG ciblées par les mesures arbitraires
- Respecter le droit d’accès à la justice pour 3 ONG qui ont déposé plainte contre le ministre de l’intérieur en aout 2013 et qui a été gelée.
- Se conformer aux normes universelles d’utilisation de la force publique au moment de dispersions des rassemblements.

2) la « Liberté d’association » :
Des dizaines d’ONG ont été privées du récépissé du dépôt du dossier en violation de la loi. Dans plusieurs cas elles refusent même arbitrairement de réceptionner le dossier.

Nous demandons à l’Etat de :
- Mettre fin aux refus de recevoir les dossiers des associations, et aux restrictions illégales à la liberté d’association.
- Réviser la loi des associations dans pour faciliter les procédures administratives.
- Abroger toutes les réglementations portant restrictions aux activités pacifiques d’associations.

Dans les 2 aspects
- Enquêter sur ces violations et mettre fin à l’impunité des autorités qui enfreignent la loi, y compris les cas de décès suite à la violence policière.
- Assurer le droit d’accès à la justice pour les victimes de ces violations, et garantir l’impartialité de la justice.
- Exécuter les décisions judiciaires prononcées par les tribunaux au profit des ONG.

- Autoriser le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de réunion spécifique et d'association à visiter le Maroc.

jeudi 29 septembre 2016

Débats en visuel de l’Association Marocaine des Droits Humains à la fête de l’Humanité 2016.





Cette année 2016,  l'AMDH a été présente à nouveau sur le site de la Fête de l'Humanité, dès le jeudi 9 septembre 2016 jusqu'au dimanche 11 septembre 2016.

Le vendredi 9 septembre 2016 à 20h, une rencontre a eu lieu avec les deux journalistes Samad Iach et Hicham Mansouri et le samedi 10 septembre 2016 à 16h, ce fut un -débat sur les droits économiques, sociaux et culturels dans les deux rives de la Méditerranée- avec la participation de  Khadija RyadiMaxime BesselièvreDavid DuslamAhmed GalaiSaid Sahli et Louisemodéré par Tahani Brahma.

Rencontre avec les deux journalistes Samad Iach et Hicham Mansouri



Débat sur les droits économiques, sociaux et culturels dans les deux rives de la Méditerranée



Vous pouvez retrouver les vidéos du débat sur les liens menant à l'intégralité sur la playlist ci-dessous :


Vous souhaitant bon visionnage de ces instants organisés à l'occasion de cette fête de l'Huma 2016.

mercredi 28 septembre 2016

Inquiétudes de la LADDH pour le journaliste Mohamed Tamalt.



La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) a exprimé ce mercredi ses inquiétudes concernant l’état de santé du journaliste Mohamed Tamalt, en prison depuis juillet dernier, actuellement au service de réanimation de l’hôpital Lamine Debaghine de Bab El Oued.

«Lors de son transfert à l’Hôpital, Mohamed Tamalt était dans un état lamentable suite à une grève de la faim. Sa famille signale des points de suture au niveau de son crâne et son frère n’arrive toujours pas à lui rendre visite à l’hôpital de Bab El Oued comme d’ailleurs ses deux avocats dont les demandes de permis de communiquer auprès du parquet général d’Alger sont restés sans suite », rappelle la LADDH.

Il y a deux jours, le frère de Mohamed Tamalt a fait le tour des rédactions pour dénoncer le refus des autorités de lui accorder l’autorisation de rendre visite à son frère. Il a même saisi, en vain, le ministère de la Justice, le procureur général près la Cour d’Alger et le président de la CNCPPDH, Me. Farouk Ksentini. Il cherche à connaître « les raisons » du transfert de son frère de la prison à l’hôpital et « s’assurer » de son état de santé.

Arrêté le 17 juin, Mohamed Tamalt a été condamné à une peine de 2 ans de prison ferme, le 4 juillet, peine confirmée le 9 août par la Cour d’Alger, pour avoir « offensé » le Président et « porté atteinte à l’honneur de personnalités de l’État » par ses écrits sur Facebook.


mercredi 7 septembre 2016

La CMODH organise deux débats à la fête de l'Humanité les 9 et 10 septembre 2016.





Cette année, et pour la première fois, la Coordination Maghrébine des Organisations des Droits Humains (CMODH) tient sa réunion de bureau à Paris. Elle organise à cette occasion une réception en faveur des organisations de défense des droits humains et des amiEs démocrates en France le jeudi 8 septembre, ainsi que deux débats à la fête de l’Humanité.

Ces deux débats se dérouleront au stand de l’ATMF situé au n°792, rue Charlie Chaplin-Village du monde- selon le programme suivant :

Vendredi 9 septembre

16h à 18h : Point sur la situation des droits humains dans les pays du Maghreb (une intervention par Pays).
Accueil de quelques défenseurs des droits humains poursuivis ou condamnés par les justices des pays du Maghreb présents en France

Samedi 10 septembre

10h à 12h : Ce débat est consacré à la thématique « Migration et droits humains » avec les intervenant-e-s :

- Abdallah Zniber : Militant associatif au sein de l’immigration, ancien réfugié politique marocain, un des fondateurs de l’ATMF et ancien président d'IDD (Immigration Développement Démocratie)

- Gustave Massiah : Membre fondateur du CEDETIM et de IPAM. Membre du Conseil scientifique d'ATTAC. Représentant du CRID au Conseil International du Forum Social Mondial. Il interviendra sur le Contexte et les enjeux des migrations internationales

- Khadija Ryadi : Coordinatrice de la CMODH, lauréate en 2013 du prix de l’ONU pour les droits humains. Elle interviendra sur les perspectives et le plaidoyer en faveur du respect des droits des migrants

Programme de l'Association Marocaine des Droits Humains à la fête de l'Humanité 2016.





Cette année 2016,  l'AMDH sera présente à nouveau sur le site de la Fête de l'Humanité, dès le jeudi 9 septembre 2016 jusqu'au dimanche 11 septembre 2016.

Notre adresse est située avenue Charlie Chaplin - Village du monde au stand 721.

Durant ces trois jours dès 9h, vous aurez l'opportunité de croiser militants, sympathisants et amis de l'AMDH, une table de presse et de documentation sera à votre disposition.

Dès le vendredi 9 septembre 2016 à 20h, une rencontre aura lieu avec les deux journalistes Samad Iach et Hicham Mansouri et le samedi 10 septembre 2016 à 16h, ce sera un -débat sur les droits économiques, sociaux et culturels dans les deux rives de la Méditerranée- avec la participation de  Khadija Ryadi, Maxime Besselièvre, David Duslam, Ahmed Galai, Sandra Demarcq, Said Sahli et Louise.

Enfin le dimanche 11 septembre 2016 à partir de 10h30 : une rencontre interne des sections européennes de l'AMDH marquera ce dernier jour.

Nous vous attendons nombreuses et nombreux !

Pour tout contact:

lundi 11 juillet 2016

NON à l'expulsion de Daddy M'BALA BALENSA !




La fête du 14 Juillet risque d’avoir un goût bien amer pour M. M'BALA BALENSA Dady. C’est en effet ce jour là qu’il va « fêter » son 45ème jour en rétention et que le Préfet des Hauts de Seine à choisi de lui réserver à 14h00 un vol pour Kinshasa.

Cette décision fait honte à la France et à une certaine conception des Droits de l’Homme qui s’est manifestée comme on sait un certain 14 Juillet 1789.

Mais qu’à donc fait M. M’BALA BALENSA Dady pour mériter une telle sanction ?

M. M’BALA BALENSA Dady est en France depuis le 18 Août 2010 (bientôt 6 ans donc), il vit à Courdimanche et est père d’un petit garçon né le 14 Janvier 2011. Séparé de la maman il participe activement à l’éducation de Lesdy et de sa sœur qu’il considère comme sa fille.
De plus M. M’BALA BALENSA Dady travaille autant que cela lui est possible et de Janvier 2015 à Avril 2016 il est employé par la Société KIWA Nettoyage située en Seine et Marne où réside son enfant et sa mère. Il a un contrat et des fiches de paye régulières depuis 16 mois. C’est ainsi qu’il aide sa famille dans leurs besoins.
M. M’BALA BALENSA Dady a fait tout ce qui était en son pouvoir dès son arrivée en France pour régulariser sa situation. A chaque fois ses demandes ont été rejetées ; sans doute les difficultés à stabiliser sa situation familiale et professionnelle ont motivé les refus mais comment créer cette stabilité sans titre de séjour ?
Malheureusement un ultime rejet en Juin 2015 suivi d’un OQTF notifié par le Préfet du 95 le condamne à l’expulsion et une interpellation par le Préfet du 92 placé depuis le 30 Mai 2016 organise cette expulsion.

Une fois de plus une famille va être démembrée, un père sera privé de ses droits, un enfant sera privé du soutien affectif de son père et de l’aide matérielle indispensable pour grandir et faire face aux difficultés psychologiques que cet enfant rencontre de surcroît. La mère de l’enfant à apporté son témoignage en faveur de l’enfant, la Société KIWA est prête a faire toutes les démarches nécessaires pour le conserver dans l’entreprise en qualité de chef d’équipe, les enseignantes et médecins suivant Lesdy témoignent de l’importance de sa présence effective.
Alors nous demandons aux Préfet du Val d’Oise et des Haut de Seine de faire un geste humanitaire en cette journée du 14 Juillet et d’arrêter cette machine infernale de l’expulsion qui va broyer 4 personnes. Il faut annuler le vol pour Kinshasa, libérer M. M’BALA BALENSA Dady et lui permettre de procéder à sa régularisation puisqu’il peut répondre à tous les critères en vigueur et notamment : ancienneté en France, famille proche, travail.

Merci d’envoyer des messages en ces sens à :

Yann.jounot@hauts-de-seine.gouv.fr Préfet des Hauts de Seine
Thierry.bonnier@hauts-de-seine.gouv.fr Secrétaire Général de la Préfecture des Hauts de Seine
Annick.robet@hauts-de-seine.gouv.fr Directrice de l’Immigration et de l’Intégration
Jean-yves.latournerie@val-doise.gouv.fr Préfet du Val d’Oise
daniel.barnier@val-doise.gouv.fr Secrétaire Général de la Préfecture du Val d’Oise
patrick.calvez@val-doise.gouv.fr Directeur de l’accueil du public, de l’immigration et de la citoyenneté
jean-pierre.jouyet@elysee.fr Secrétaire général Elysée
boris.vallaud@elysee.fr Secrétaire général Adjoint Elysée
thierry.lataste@elysee.fr Dircab Elysée
premier-ministre@pm.gouv.fr Matignon
sebastien.gros@pm.gouv.fr Chef de cab Matignon
patrick.strzoda@interieur.gouv.fr Dircab Intérieur
julie.burguburu@interieur.gouv.fr Dircab adjointe Intérieur
magali.charbonneau@interieur.gouv.fr Conseillère immigration Intérieur

samedi 25 juin 2016

Déclaration à l'attention de l'opinion publique nationale et internationale de la détenue politique Myriam AMANI.


Liberté pour la détenue politique Myriam AMANI


Je soussignée Myriam AMANI, prisonnière politique du groupe des détenus du 19 mai de Marrakech, déclare à l’opinion publique nationale et internationale entamer une grève de la faim de 48 heures comme premier avertissement, avec possibilité de poursuivre par une grève ouverte dans le cas où mes revendications n’auraient pas abouti.

Cette forme de lutte et de résistance s’impose désormais inévitablement à moi puisque toutes les autres voies pour imposer mes revendications simples et légitimes n’ont pas abouti. Depuis le 19 mai 2016 - date de mon arrestation-, mes geôliers n’ont eu de cesse de me réprimer : mes lunettes de vue ont tout d’abord été cassées ; j’ai ensuite subi toutes sortes de mauvais traitements et de torture au sein de la préfecture de la répression ; j’ai aussi fait une demande auprès du procureur du royaume afin de pouvoir bénéficier d’une expertise médicale mais ce dernier a refusé d’entendre ma demande et mes plaintes contre les exactions que mes camarades et moi-même avons subies. Par ailleurs, quand j’ai été transférée à la prison civile de Boulmerez, j’ai aussi demandé à pouvoir consulter un ophtalmologue pour que mes lunettes soient réparées et me soient rendues afin de pouvoir préparer mes examens : mais là encore, ma demande est restée lettre morte. J’ai alors demandé à avoir un entretien direct avec le directeur de la prison : ce dernier n’a pas seulement refusé ce rendez-vous mais il a aussitôt autorisé que je sois torturée sur le simple motif de cette demande. Je n’oublie pas non plus les humiliations répétées au quotidien et perpétrées à mon encontre par les femmes-gardiens, ni le refus qui m’a été imposé de toute communication téléphonique avec l’extérieur.

Suite à tous ces méfaits, pour exprimer mon refus de tolérer cette situation qui nous est imposée à mes 12 camarades et à moi, et pour refuser aussi que ma dignité en tant que prisonnière politique soit bafouée, j’ai pris la ferme décision d’entamer une grève de la faim de 48 heures, comme première alerte qui sera certainement d’une grève illimitée – et cela pour demander :


- la libération de tous les prisonniers politiques

- l’arrêt des charges fomentées contre nous

- notre reconnaissance en tant que prisonniers politiques

- un droit de visite direct pour ma famille et mes amis

- le droit d’avoir des communications téléphoniques

- le droit de pouvoir bénéficier de soins et d’une hygiène correcte

- le droit de pouvoir poursuivre mes études

- le droit à un temps de promenade prolongé.

Enfin, je déclare être retenue ici sans raison valable, de manière totalement arbitraire. Nous saluons

haut et fort tous ceux qui expriment leur solidarité avec nous, que ce soit des militants ou des

organisations démocratiques et progressistes.


Vive la voie de la lutte !

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

La détenue politique Myriam AMANI
Numéro d’écrou : 44366

Prison civile Boulmerez – Marrakech
Le 23 juin 2016

mardi 26 avril 2016

Inquiétudes de la CNT suite au saccage de ses locaux syndicaux à Lille / Lettre ouverte.





Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve
Copies adressées à :
Monsieur le Ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas,
Monsieur le Premier ministre, Manuel Valls,
Monsieur le Président de la République, François Hollande
Fait à Metz, le 23 avril 2016


Objet : Inquiétudes de la CNT suite au saccage de ses locaux syndicaux à Lille


Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, ce mercredi 20 avril à Lille, les forces de police ont pénétré dans les locaux de l’Union locale des syndicats CNT, dans le cadre, selon le procureur de la République, d’une procédure de flagrant délit visant à interpeller des individus accusés de violences lors de la manifestation qui s’est déroulée le même jour à Lille contre la loi Travail. Cette intervention, nous vous le rappelons, a suscité notamment le défonçage de la porte de nos locaux syndicaux, le saccage d’une partie de notre matériel syndical, ainsi qu’une fouille approfondie de nos locaux syndicaux.

Si nous condamnons avant tout la violence employée ce jour là par les forces de l’ordre dans le cadre d’une procédure dont la légitimité et la légalité restent à déterminer, les événements survenus ce 20 avril à Lille soulèvent de nombreuses interrogations qui relèvent directement de vos responsabilités au sein du gouvernement.

Tout d’abord, nous vous rappelons avec insistance que c’est bel et bien au sein d’un local syndical, légalement déclaré et constitué, que les forces de l’ordre sont intervenues, constituant ainsi une première en France dans un tel cadre. Nous ne pouvons que considérer le fait de défoncer la porte d’un local pour interpeller deux individus, qui n’ont opposé aucune résistance lors de leur arrestation, comme une volonté politique de réprimer et de terroriser les militants syndicalistes. Nous condamnons donc fermement cette intervention qui s’inscrit dans une longue liste de décisions politiques visant à criminaliser les organisations syndicales, ainsi que le mouvement social dans son ensemble. En effet, après les nombreuses violences policières avérées à l’encontre de manifestants pacifiques opposés à la loi Travail, après les nombreuses interpellations ciblées et condamnations de militants syndicaux ces dernières semaines, la répression à l’encontre des syndicats vient de franchir ce mercredi un nouveau seuil de gravité.
D’autre part, puisqu’il semble utile de vous le préciser, les locaux syndicaux constituent bien des lieux qui appartiennent à des travailleurs exerçant des libertés démocratiques afin de défendre leurs intérêts, matériels et moraux. Par conséquent le saccage du matériel syndical de la CNT par la police nationale constitue bien une dégradation directe et scandaleuse de l’outil autofinancé des salariés, de précaires, de chômeurs, ou encore de retraités, dont la précarité et la légitimité des luttes sociales n’est pas à démontrer.

Pire encore, nous tenons à vous indiquer qu’après l’interpellation des deux individus présumés innocents dans nos locaux, qui n’a duré que quelques instants, les forces de police ont longuement fouillé notre local syndical et cela sans la présence des représentants légaux de l’Union locale des syndicats CNT de Lille et sans témoins. Durant cette fouille, les policiers ont notamment eu accès à des documents confidentiels internes au syndicat ou relevant, entre autres, de procédures prud’homales concernant la défense de salariés face à leurs employeurs. Alors que de telles pratiques semblent bien éloignée de la procédure de flagrant délit invoquée par la procureur de la République de Lille, elles constituent une entrave inadmissible au libre exercice du syndicalisme et à l’indépendance de la justice.

Ainsi, au regard de la gravité de ces éléments et du caractère historique d’une telle intervention dans un contexte social tendu, nous nous interrogeons vivement. Les structures locales de la CNT, comme l’ensemble des organisations syndicales doivent-elles désormais s’inquiéter de voir les forces répressives de l’État pénétrer violemment dans leurs locaux au mépris de toute éthique démocratique ? Doivent-elles s’inquiéter de voir le libre exercice de leur activité et sa légalité être remis en question ? Au-delà, les travailleurs qui font le choix légitime de se syndiquer doivent-ils désormais craindre d’être fichés ou violentés lorsqu’ils se rendent dans les locaux d’une organisation syndicale dont le rôle est de les protéger ?

Quoi qu’il en soit, Monsieur le Ministre, soyez assurés que ni la répression policière, ni l’intimidation des travailleurs syndiqués, ni la criminalisation politique du mouvement social n’ébranleront la détermination de la Confédération nationale du travail à obtenir le retrait total de la loi Travail, à lutter contre la destruction méthodique des acquis sociaux et la précarité, et à obtenir la levée de l’état d’urgence qui favorise indéniablement un climat propice aux violences policières et à la répression du mouvement social dans son ensemble.

Ne doutant pas de votre attachement au respect des valeurs démocratiques et notamment au libre exercice des libertés syndicales, et alors que nous restons dans l’attente d’un positionnement public de votre part vis-à-vis de nos interrogations, veuillez recevoir nos plus sincères salutations anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires.

Pour la Confédération nationale du travail,
pour le Bureau confédéral,
le Secrétaire confédéral,
Aurélien E.



mercredi 6 avril 2016

Communiqué commun « Avec le Secret des affaires, pas de «Panama Papers»? ».





Bruxelles, le 5 avril 2016



Mossack Fonseca, le cabinet d'avocats panaméen au centre du scandale et dont proviennent les Panama Papers, a répondu aux requêtes des journalistes en concluant avec une mise en garde explicite :

« Il semble que vous ayez eu accès de façon non autorisée à des documents et des informations appartenant à notre entreprise et les ayez présentés et interprétés hors de leur contexte. Nous ne doutons pas que vous sachiez parfaitement qu'utiliser des informations ou de la documentation obtenus illégalement est un crime, et nous n'hésiterons pas à utiliser tous les recours pénaux et civils disponibles. » (1)

Le projet de Directive UE sur la « protection des secrets d'affaires », sur lequel le Parlement Européen se prononcera en séance plénière à Strasbourg le 14 avril prochain, se propose justement de donner à de telles entreprises des moyens juridiques supplémentaires pour poursuivre des journalistes ou des entreprises de presse publiant sans leur consentement des documents et des informations internes.

Ce texte crée un droit au secret pour les entreprises qui est excessif : il menace directement le travail des journalistes et de leurs sources, les lanceurs d’alerte, les syndicalistes, la liberté d'expression des salariés et nos droits d'accéder à des informations d’intérêt public (par exemple sur les médicaments, les pesticides, les émissions des véhicules, etc.).

Une coalition européenne d'associations, de syndicats, de journalistes, de lanceurs d'alerte et de scientifiques (liste à la fin du Communiqué) demande aux membres du Parlement Européen de rejeter ce texte et de demander à la Commission Européenne d'en proposer une version conforme avec les exigences de transparence. Une pétition européenne a également été lancée et compte plus de 72.000 signatures après seulement quelques jours.

La définition du secret des affaires prévue par la directive est tellement large que presque toutes les informations internes d'une société peuvent y correspondre. Cela mettra en danger toute personne qui révèle ces informations sans le consentement de l’entreprise.

Pour Patrick Kamenka, membre du comité directeur de la Fédération Européenne des Journalistes « les citoyens, les journalistes ou encore les scientifiques ont parfois besoin d’avoir accès à ces informations et de les publier dans l’intérêt général. Ils risqueraient alors, comme Antoine Deltour et Edouard Perrin dans l’affaire LuxLeaks, des poursuites judiciaires pouvant se conclure par des peines de prison et des amendes de plusieurs centaines de milliers d’euros. C’est une manière très efficace d’empêcher les gens de dénoncer des cas de mauvaise conduite des entreprises. Quel rédacteur en chef peut se permettre de risquer la banqueroute de son journal? »

Et ce n’est pas tout. Si la directive est approuvée au niveau européen, les États membres pourront encore aller plus loin quand ils l'adapteront à leurs droits nationaux, et on peut compter sur les multinationales pour les pousser en ce sens.

Pour Martin Pigeon, de Corporate Europe Observatory, « cette bataille ne sera pas facile : les multinationales mènent un lobbying acharné depuis des années pour obtenir cette directive et ont lourdement influencé la rédaction du texte, mais le grand public n’en sait presque rien. Il n'est aujourd'hui malheureusement plus possible, politiquement, d'amender le texte. Nous devons donc demander aujourd'hui aux députés européens de le rejeter en bloc, mais sans mobilisation des citoyens nous n'arriverons à rien. »
Pour Françoise Dumont, présidente de la Ligue des Droits de l’Homme, « le président Hollande vient de remercier les lanceurs d'alerte et la presse pour leur travail sur les Panama Papers et les rentrées fiscales qu'elles vont permettre. Pourrait-il soutenir publiquement Antoine Deltour (Luxleaks) et exiger que ce texte dangereux pour les lanceurs d'alerte et la presse soit retiré? »



(2) Cette directive est officiellement appelée « Directive sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués (secrets d'affaires) contre l'obtention, l'utilisation et la divulgation illicites ».


Liste des membres de la coalition européenne

Anticor
ATTAC Spain
ATTAC France
Association Européenne pour la Défense des droits de l'Homme
Centre national de coopération au développement, CNCD-11.11.11
Correctiv.org, Germany
BUKO Pharma-Kampagne
CCFD-Terre Solidaire
CGT Cadres, Ingénieurs, Techniciens (UGICT-CGT)
Collectif Europe et Médicament
Collectif de journalistes “Informer n'est pas un délit”
Comité de soutien à Antoine Deltour
Commons Network
Conseil d’urgence citoyenne
Corporate Europe Observatory
Courage Foundation
EcoNexus
European Network of Scientists for Social and Environmental Responsibility (ENSSER)
Fédération Syndicale Unitaire (FSU)
Fondation Sciences Citoyennes
Force Ouvrière-Cadres
Genewatch
GMWatch
Health and Trade Network
Inf'OGM
Institut Veblen
International Society of Drug Bulletins
Les économistes atterrés
Ligue des droits de l'Homme
Observatoire Citoyen pour la Transparence Financière Internationale (OCTFI)
OGM Dangers
Peuples Solidaires-ActionAid France
Nordic Cochrane Centre
Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe)
Plateforme Paradis Fiscaux et Judiciaires
Public Concern At Work
Solidaires
Syndicat des Avocats de France (SAF)
Syndicat National des Chercheurs Scientifiques (SNCS – FSU)
Syndicat National des Journalistes (SNJ)
Syndicat National des Journalistes CGT (SNJ-CGT)
Tax Justice Network
Transparency International France
Whistleblower-Netzwerk e.V., Germany
Xnet

jeudi 31 mars 2016

ACAT - Maroc : des détenus sahraouis en grève de la faim depuis le 1er mars.




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Maroc : des détenus sahraouis en grève de la faim depuis le 1er mars
 
Le 1er mars, le défenseur des droits de l’homme sahraoui Naama Asfari et 11 de ses codétenus ont entamé une grève de la faim illimitée pour protester contre leur détention arbitraire. Alors que leur état de santé s’est détérioré, l’ACAT appelle la France à faire pression sur le Maroc pour que Naama Asfari et ses codétenus soient libérés.
 
Le 15 mars, les grévistes de la faim avaient perdu en moyenne 7 kilos chacun. Ils souffrent pour la plupart de douleurs chroniques au cœur et aux intestins ainsi que d’une baisse de la tension artérielle. Après 17 jours de grève, aucun responsable pénitentiaire n’étant  venu s’enquérir des revendications des détenus ces derniers ont décidé d’arrêter les consultations médicales, basées sur des mesures de poids, du pouls et de la tension.
 
Cela fait trois ans que Naama Asfari et ses coaccusés ont été condamnés pour leur participation présumée au camp de protestation sahraoui de Gdeim Izik en novembre 2010 [1]. Au cours de l’évacuation forcée du camp, des affrontements ont éclaté entre l’armée et des manifestants sahraouis, au cours desquels neuf soldats marocains auraient trouvé la mort. Naama Asfari a été condamné pour meurtre alors même qu’il a été arrêté la veille du démantèlement. Torturé, battu, humilié, privé d’eau et de nourriture pendant sa garde à vue en 2010, il avait signé des aveux sous la torture. Ces aveux sont les seuls fondements de sa condamnation inique, dictée par un tribunal militaire : 30 ans de prison. Avec lui, 24 autres militants sahraouis ont subi un sort similaire et ont été condamnés à des peines allant de 20 ans à la réclusion criminelle à perpétuité. Les tortures qu’ils ont subies ainsi que leur procès ont été condamnés par plusieurs instances des Nations unies.
 
Selon Hélène Legeay, responsable Maghreb/Moyen-Orient à l’ACAT, « la grève de la faim de ces militants sahraouis a déjà trop duré. Après trois ou quatre semaines de grève de la faim, des dégâts parfois irréversibles apparaissent. Comment la France peut-elle rester silencieuse face à des victimes de torture qui mettent leur vie en jeu pour réclamer justice, tout en réaffirmant qu’elle va décorer un responsable marocain soupçonné de complicité de torture ?» |2]
 
Le mandat de la MINURSO, la mission des Nations Unies au Sahara occidental, sera renouvelé à la fin du mois d’avril. Il s’agit de la seule mission de l’ONU qui ne dispose pas d’un volet concernant les droits de l’homme, notamment du fait de l’opposition du gouvernement français.
 
En février 2014, l’ACAT a déposé une plainte pour torture en France aux côtés de Naama Asfari et son épouse française, Claude Mangin. L’ACAT a aussi porté plainte contre le Maroc auprès du Comité contre la torture des Nations unies.
 
Contact presse :
 
Pierre Motin, 01 40 40 40 24 / 06 12 12 63 94 pierre.motin@acatfrance.fr
 
Notes aux rédactions :
 
·         [1] À partir du 9 octobre 2010, des milliers de Sahraouis d'El-Ayoun, Boujdour, Dakhla et Smara, des villes situées dans la partie du Sahara occidental sous administration marocaine, ont quitté leur résidence pour s’installer dans des campements temporaires à la périphérie des villes. Il s’agissait là d’une mobilisation collective spectaculaire destinée à protester contre les discriminations économiques et sociales dont les Sahraouis s’estiment victimes de la part du gouvernement marocain.
·         [2] Le 20 septembre 2015, François Hollande a annoncé qu’Abdellatif Hammouchi, le chef de la DGST marocaine, « se fera remettre la distinction d'officier de la Légion d'honneur au moment où ce sera souhaitable et opportun ».

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture).