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lundi 22 mai 2017

Des médecins étrangers pour nourrir de force les prisonniers palestiniens en grève de la faim.



Publié le 06/05/2017

Bethléem - Ma’an - Israël envisage la possibilité de faire venir des médecins d’un pays étranger pour nourrir de force les prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes, en grève de la faim depuis 19 jours, selon les informations données par la deuxième chaîne israélienne (Channel 2) et qui ont été relayées sur son site vendredi.
La deuxième chaîne israélienne rapporte qu’Israël a pris contact avec un pays étranger pour l’inciter à accélérer l’envoi de médecins « par crainte dit-il, de la détérioration de l’état de santé des prisonniers en grève de la faim ».
La chaîne ajoute, après le refus de l’Ordre des médecins israéliens de pratiquer l’alimentation forcée des prisonniers, que le droit international assimile a de la torture, le gouvernement israélien a décidé d’accélérer la recherche d’une solution de rechange en faisant appel à des médecins étrangers qui seraient prêts à effectuer cette opération.
Israël prévoit d’effectuer des opérations d’alimentation forcée dans les centres médicaux de l’administration pénitentiaire, ce qui lui permet de contourner le refus catégorique de l’Ordre des médecins, en plus de la crainte d’Israël, de voir les hôpitaux publics israéliens inondés par l’arrivée massive de prisonniers en grève de la faim, ce qui conduirait à la fermeture de ces hôpitaux.
Israël étudie les aspects juridiques sur la possibilité de confier cette opération à des médecins étrangers, dans le même temps, le plan est en cours de discussion avec le ministère israélien de la Santé.
Les sources israéliennes s’attendent à ce que ce plan soit accueilli par une opposition forte et décisive de nombreux organismes locaux et internationaux.
Ahmed Tibi, membre arabe de la Knesset, de la liste commune, a attaqué le plan israélien, en disant « l’idée de faire venir par avion des médecins de l’étranger pour alimenter de force les prisonniers palestiniens constitue une manœuvre immorale conçue pour surmonter le rejet initial indiqué par L’Ordre des médecins de cette pratique. »
Il ajoute « le simple fait de proposer cette idée est terrible et honteux, Israël doit répondre aux demandes humanitaires et légitimes des prisonniers palestiniens au lieu de mener contre eux une lutte crasse. »
De son côté, l’Ordre des médecins palestiniens, représenté par le Dr Nidham Néjib, a dénoncé le projet israélien de faire venir des médecins étrangers pour contourner le refus de l’Ordre des médecins israéliens de nourrir par la force des prisonniers palestiniens en grève de la faim, considérant cette opération comme une exécution pure et simple de centaines de prisonniers détenus dans les prisons israéliennes et une persévérance dans l’escalade israélienne contre le mouvement des prisonniers.
L’Ordre des médecins palestiniens a appelé l’union des médecins arabes, les associations médicales et les ONG de droit humain locales, arabes et internationales à intervenir pour empêcher ce projet qui menace la vie des prisonniers en grève, et qui est contraire aux conventions internationales car il ne respecte pas le droit légitime du prisonnier à mener une grève de la faim. L’Ordre met en garde contre le danger que représente cette décision sur la vie des prisonniers en grève, ce qui est un précédent dangereux et contraire aux principes fondamentaux des droits de l’homme et de la Déclaration de Malte en 2006, qui interdit de forcer les prisonniers à se nourrir.
Il a déclaré que le danger de l’alimentation forcée réside dans le fait d’insérer fortement un tube par le nez jusqu’à l’estomac, ce qui peut causer des dommages sur les parois de l’œsophage et dans l’estomac , en plus du risque de faire entrer de la nourriture et du liquide dans les poumons et de causer une inflammation qui causera la mort à court ou à long terme.
L’Ordre des médecins palestiniens a renouvelé son soutien aux prisonniers en grève de la faim pour le 20ème jour dans les prisons l’occupation et à leurs demandes légitimes.
Traduction : Moncef Chahed

Groupe de Travail Prisonniers de l'AFPS

dimanche 26 février 2017

Le naufrage du droit d'asile / des pressions intolérables sur la Tunisie.


21 février 2017 - Les autorités tunisiennes sont la cible de pressions intolérables de la part de l'Italie et de l'Allemagne. En l'espace d'une semaine, elles ont dû opposer une fin de non-recevoir aux responsables allemands puis italiens qui envisageraient de renvoyer vers la Tunisie des personnes migrantes et réfugiées. Les questions de sécurité intérieure semblent constituer la pierre angulaire de termes de coopération imposés à la Tunisie sur un terrain qui, pourtant, en est totalement distinct : le droit d'asile. 
Obliger la Tunisie, en échange d'un soutien à la lutte contre le terrorisme, à débarquer sur son sol les personnes interceptées par les garde-côtes italiens, comme l'évoque un article de presse italien, reviendrait à violer de manière flagrante les obligations de l'Union européenne (UE) et de l'Italie, déjà condamnée en 2012 par la Cour européenne des droits de l'Homme pour avoir refoulé des réfugiés en Libye. 
Outre l'atteinte inqualifiable au droit d'asile, ce serait aussi, pour l'Italie faire preuve d'un cynisme insupportable au moment où la lutte contre le terrorisme concerne autant l'UE que la Tunisie.  
A cette pression s'ajouterait, de source parlementaire belge, l'inscription d'une clause de réadmission dans les accords de décembre 2016 visant à convertir la dette tunisienne en investissements par la Belgique en Tunisie.  
A l'heure où l'Allemagne, la Belgique et l'Italie envisagent d'inscrire la Tunisie sur la liste des pays d'origine « sûrs », nos organisations rappellent que l'usage du concept de pays « sûr » constitue une atteinte au droit d'asile, et qu'en tout état de cause, il est inenvisageable de considérer la Tunisie comme un pays d'origine ou un pays de transit « sûr » au regard même des critères prévus en droit européen (directive 2013/32/UE). 
La Tunisie ne dispose d'aucune législation sur le droit d'asile ni de capacité d'accueil des personnes en besoin de protection internationale. Il n'existe aucune garantie de protection contre l'incrimination pour « délit d'émigration non-autorisée »[1], en violation du droit fondamental de quitter tout pays, ni de garanties procédurales pour les personnes non désireuses de demander l'asile et qui risquent d'être privées de liberté et expulsées dans des conditions inhumaines et dégradantes.
Les pressions exercées contre la Tunisie doivent cesser, au profit d'un véritable engagement de l'Union européenne et de ses États membres pour l'accueil des personnes réfugiées et migrantes sur son territoire, et d'un véritable soutien de la Tunisie dans la consolidation de l'État de droit et la lutte contre le terrorisme.
Les organisations signataires
Tunisie
           - Union générale tunisienne du travail - UGTT
-  Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES)
-  Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH)
- Afrique Intelligence
- Association Citoyenneté et Liberté – Djerba
- Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie (AESAT)
-  Centre de Tunis pour la Migration et l'Asile (CeTUMA)
-  Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie(CRLDHT)
- Union des Leaders Africains
-  UTOPIA Tunisie
-  Vigilance pour la Démocratie et l'Etat Civil
Allemagne
- ProAsyl
Italie
- Associazione Ricraetiva e Culturale Italiana (ARCI)
- Coopération pour le Développement des pays émergents (COSPE)
- Italian Immigration Legal Practitioners Association (ASGI)
Organisations de la diaspora
- Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
- Association des Immigrés Tunisiens - Citoyen des deux Rives (ATI-CDR) - Grenoble 
- Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF) 
- Association des Tunisiennes et Tunisiens de Suisse (ATTS)
- Association des Tunisiens du Nord (ATNF) - Lille
- Association Interculturelle Production Diffusion Documentation (AIDDA)
- Association Le Pont de Genève
- Association Solidarité et Justice Fahrat Hached (ASJFH)
- Collectif  Culture, Création, Citoyenneté - 3C
- Collectif des Femmes Tunisiennes (CFT)
- Comitato Immigrati Tunisini Italia – Italie (CITI)
- Comité de Vigilance pour la Démocratie en Tunisie (CVDT) -  Blegique
- Fédération Tunisienne pour une Citoyenneté des Deux Rives (FTCR)
Réseau Euro-maghrébin Citoyenneté et Culture  (REMCC)
- Union des Tunisiens pour une Action Citoyenne (UTAC) 
Régional
Association Européenne de défense des Droits de l'Homme (AEDH)
EuroMed Droits – REMDH
Migreurop

Ce délit a été introduit en 2004 dans la législation tunisienne, sous les pressions de l'Union européenne. Cela est le cas également pour nombre d'autres pays, tels que l'Algérie, le Maroc et le Sénégal.
 Contact:
FDTES  -  Abderrahmane Hedhili, Président / Alaa Talbi, Directeur Exécutif – 00 216 22 255 432ARCI  -  Andreina Albano, Chargé de communication – 00 39348341940 - EuroMed Droits  - Hayet Zeghiche, Directrice Communication – 00 32 488 08 00 41  


mercredi 4 janvier 2017

MUMIA gagne son procès pour se soigner !






La justice fédérale fait injonction immédiate à l’Administration pénitentiaire de soigner Mumia Abu-Jamal
Hier en fin d'après-midi, le Juge Fédéral Mariani a ordonné à l’Administration pénitentiaire de Pennsylvanie d'accorder immédiatement à Mumia Abu-Jamal le traitement contre l'hépatite C dont il souffre, justifiant sa décision en ces termes « les contraintes budgétaires ne peuvent pas l’emporter sur la garantie constitutionnelle de soins médicaux adéquats ».

Ainsi, un an et demi après une hospitalisation suite à un coma diabétique qui faillit être fatal et des séquelles extrêmement douloureuses, les mobilisations dans le monde entier et les batailles juridiques ont eu raison de l’inhumanité de l’Administration. Par la voix de Bret Grote de l'Abolition Law Center et celle de Maître Robert Boyle, la défense de Mumia  s’est félicitée de « cette grande victoire remportée par les milliers de gens qui ont soutenu Mumia et sans lesquels on ne pouvait imaginer gagner ». Cela a exigé deux procès, des milliers d'heures à rédiger des motions, à interpeler l’Administration par des rassemblements, des manifestations, des coups de téléphone, des mails et des pétitions ».

Gagner ce jugement était un enjeu majeur car il fallait apporter la preuve que tout retard de traitement causerait des dommages irréversibles pour Mumia et les 6.000 prisonniers de Pennsylvanie souffrant  d'hépatite C et qui n’étaient pas soignés. Selon Bret Grote, c'est la première fois qu’aux Etats-Unis, une Cour fédérale oblige la pénitentiaire à faire bénéficier les prisonniers des nouveaux médicaments mis sur le marché pour éradiquer cette grave maladie.
En août dernier, lorsque que le Juge Mariani rejeta la première requête, l’inquiétude fut grande. La colère redynamisa toutefois la mobilisation à l’exemple des 130.000 dollars collectés par les soutiens du monde entier pour la poursuite de la bataille judiciaire et les soins médicaux dont Mumia avait besoin.
Le Collectif français des soutiens à Mumia, par ses initiatives et celles des nombreuses organisations qu’il rassemble, se félicitent d’avoir contribué à cette victoire du droit au respect de la vie humaine. Une pause de la mobilisation ne saurait toutefois être de mise car l’Administration pénitentiaire va vraisemblablement interjeter appel. Il nous faut donc maintenir la pression. C’est la raison qui justifie le rassemblement à Paris chaque premier mercredi du mois à proximité de l’ambassade des Etats-Unis pour qu’enfin Mumia soit soigné et libéré ... Pour plus d’informations : www.mumiabujamal.com

Message de Noëlle Hanrahan (directrice de Prison Radio) aux soutiens français de Mumia
« Le courrier que reçoit Mumia vient presque qu’exclusivement de France. Ces lettres et cartes sont pour lui un grand soutien et une source d'inspiration. Il me l'a dit lors de ma dernière visite et j'ai vu les boîtes dans sa cellule. C'est vraiment très important pour lui et c'est impressionnant. Juste une remarque : il vous demande d'écrire votre adresse très lisiblement, en caractères d'imprimerie si possible. Autant qu’il le pourra, en temps surtout en argent, il vous répondra ».


COLLECTIF FRANCAIS "LIBERONS MUMIA !"rassemblant une centaine d'organisations et de collectivités publiques
MEMBRE DE LA COALITION MONDIALE CONTRE LA PEINE DE MORT
Courriel : contact@mumiabujamal.comSite Web : www.mumiabujamal.com

mercredi 14 décembre 2016

Communiqué commun des sections de l'AMDH en Europe (Madrid, Paris/IDF, Lille et Belgique) à l'occasion de la journée internationale des Droits Humains et pour appeler aussi à se joindre au rassemblement pour la Dignité et contre El Hogra au Maroc.




Aujourd’hui, les Marocain.e.s en ont ras-le-bol de se sentir méprisé.e.s et humilié.e.s au quotidien. En réalité, ils/elles font face à une situation tragique à tous les niveaux : Concernant la santé, des femmes marocaines continuent d’accoucher en dehors des hôpitaux, avec une absence immédiate d’infrastructures sanitaires. Des femmes et des hommes vivent encore dans des conditions de vies inhumaines et inacceptables. Quant à l’éducation, l’école publique marocaine est en faillite à cause d’une croissance fulgurante de la privatisation. A cela s’ajoute aussi la cherté de la vie, l’habitat insalubre, les expulsions des habitants et l’accaparement des terres des paysans, ce qui pousse les citoyen.ne.s à manifester leur colère contre ces politiques.

L’assassinat de Mouhcine Fikri, le 28 octobre dernier, n’est pas un cas isolé. Il suffit de constater les dernières victimes (cas de Beni Mellal, Kenitra, Salé…etc.) de l’appareil répressif à l’encontre des citoyen.ne.s qui souffrent des politiques d’appauvrissement et de répression. Mouhcine révèle aussi le mépris de l’Etat marocain à l’égard des citoyen.e.s, notamment celle/ceux issus des classes populaires ce qui engendre en eux le sentiment de El Hogra. Lorsque le/la Marocain.e parle de El Hogra, il/elle se réfère au fait d’être méprisé.e, injustement traité.e, d’avoir le sentiment de ne pas être un/e citoyen.ne. Mouhcine symbolise le drame quotidien et la mise à mort de la jeunesse, génération sacrifiée du Maroc.

Face à ce crime abject qui porte atteinte d’abord au droit à la vie et qui nous rappelle des cas similaires, notamment le cas de Mi Fatiha, Karim Chaeib de Séfrou, Kamal El Ammari de Safi, les cinq citoyens brulés d’Al Hoceima, Boudaroua à Safi et puis Hassani a Aith bouayache …etc., nous, les sections de l’AMDH en Europe (Belgique, Lille, Paris/IDF et Madrid),

- Condamnons ce crime honteux contre Mohcine Fikri et tous les crimes atroces perpétrés par l’Etat marocain. Et condamnons cette politique qui révèle sa nature répressive, anti-démocratique et anti-populaire,
- Disons STOP à El Hogra dans tous ses aspects : politique, social, culturel et économique
- Soutenons les luttes et les revendications du peuple marocain (luttes sociales des régions marginalisées notamment dont la région du Rif, des diplômés chômeurs, des vendeur.se.s ambulant.es, des habitants de Imider, des étudiants…etc...),
- Saluons les mobilisations contre El Hogra tant au Maroc qu’en Europe,
- Appelons nos militant.e.s, sympathisant.e.s, amie.e.s et toutes les forces vives à se joindre au rassemblement contre El Hogra devant la commission européenne à Bruxelles le 10 décembre 2016 à 13h à place Schuman 1000,
- Réitérons, à l’occasion de la journée internationale des Droits Humains, notre engagement à la lutte contre toutes les violations des Droits Humains.

Signataires :
Association Marocaine des Droits Humains-Belgique
Association Marocaine des Droits Humains-Madrid
Association Marocaine des Droits Humains-Nord France
Association Marocaine des Droits Humains-Paris/Ile De France.

Contacts :
AMDH-Belgique
Page facebook : amdhbelgique/
Twitter : @AMDH_Belgique
AMDH-Madrid
E-mail : amdhmad@hotmail.es
AMDH-Nord France
Page facebook : Amdh-NordFrance
AMDH-Paris/IDF
Page facebook : AMDHParis
Site web : www.amdhparis.org
Twitter : @AMDHParis

lundi 24 octobre 2016

Démantèlement de la "Lande de Calais" / appel de Rouen.




Calais : contre les expulsions destructrices

Il n'y a pas d'étranger sur cette terre !


A Calais, les autorités préparent la destruction des cabanes où survivent 9000 personnes. C’est pourtant précisément à cet endroit que les mêmes autorités ont décidé de parquer ces gens en 2015, le plus loin possible de la vie de la cité, tolérant explicitement la construction de ces abris. Malgré les conditions de vie extrêmement difficiles, les exilé-e-s se sont organisé-e-s individuellement et collectivement. Une vie sociale s’est développée, aujourd’hui menacée, sans autre solution que l’errance.

La recrudescence de ces expulsions/destructions ces derniers mois est le signe de l’échec patent des politiques d’inhospitalité mises en place par l’État et certains élus locaux à l’encontre des migrant-e-s. Nous le savons par expérience : les expulsions des lieux de vie n’ont jamais eu d’autres conséquences que d’aggraver la précarisation des personnes expulsées qui perdent leurs effets personnels, sont dispersées et condamnées, plus fragilisées encore, à errer à la recherche d’un nouvel abri. Sans concertation ni solutions adaptées, la destruction des abris détruit aussi un réseau social.

Enfin, les discours qui accompagnent ces destructions cristallisent et encouragent les réactions xénophobes. Ces destructions sont irrespectueuses des personnes qui passent mais aussi de celles qui restent, en transformant la question de l’accueil en problème et en faisant croire qu’il suffit de détruire des abris pour régler ce problème.


Les organisations signataires partisanes de l'ouverture des frontières demandent :

un moratoire sur les expulsions et destructions dabri, tant que des solutions adaptées ne seront pas réfléchies,

que les mineurs isolés qui veulent rejoindre leur famille en Grande Bretagne puissent réaliser leur souhait,

l'accueil de tou-te-s les réfugié-e-s qui fuient la guerre, la misère, la faim, la sécheresse, les inondations, les dictatures, dans des conditions respectueuses de leur dignité (logement, travail, santé, éducation)


Rassemblement

mardi 25 octobre de 18h00 à 19h00

place Saint-Sever

Collectif de défense des libertés fondamentales : AFPS (Association France palestine Solidarité), ATTAC, CREAL (Comité de Réflexion et d'Action Laïque 76), DAL (Droit au Logement), Ensemble!, FSU (Fédération Syndicale Unitaire), LDH de Rouen (Ligue des droits de l'homme),Nouveau Parti Anticapitaliste, Rasl'Front Rouen, SGEN- CFDT Haute Normandie, SAF (Syndicat des avocats de France),...

et : Alternative Libertaire, ASTI (Association de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés), Cimade (Collectif Inter Mouvement Auprès des Evacués), Gauche Révolutionnaire, GREF (Groupement des éducateurs sans frontière), Pastorale des migrants, RESF (Réseau Education Sans Frontières), ...



Intervention de Khadija Ryadi, coordinatrice de la Coordination Maghrébine des Organisations des Droits Humains – CMODH à l’ONU / Genève.







Intervention de la CMODH sur le point 25

Cette intervention contient deux points :
1) la « Liberté de réunion et de manifestation pacifiques » :
Depuis juillet 2014, plus de 120 réunions pacifiques ont été interdites arbitrairement. Des ONG ont saisi la justice. Laquelle a condamné les autorités de violation des lois. Mais l’Etat continue ses interdictions.
L’utilisation disproportionnée de la force publique est une pratique courante des autorités. Il en découle l’atteinte à l’intégrité physique des manifestants pacifiques, y compris des cas d’atteinte au droit à la vie restés impunis.

Nous demandons à l’Etat de :
- Mettre fin aux interdictions systématiques infligées aux ONG ciblées par les mesures arbitraires
- Respecter le droit d’accès à la justice pour 3 ONG qui ont déposé plainte contre le ministre de l’intérieur en aout 2013 et qui a été gelée.
- Se conformer aux normes universelles d’utilisation de la force publique au moment de dispersions des rassemblements.

2) la « Liberté d’association » :
Des dizaines d’ONG ont été privées du récépissé du dépôt du dossier en violation de la loi. Dans plusieurs cas elles refusent même arbitrairement de réceptionner le dossier.

Nous demandons à l’Etat de :
- Mettre fin aux refus de recevoir les dossiers des associations, et aux restrictions illégales à la liberté d’association.
- Réviser la loi des associations dans pour faciliter les procédures administratives.
- Abroger toutes les réglementations portant restrictions aux activités pacifiques d’associations.

Dans les 2 aspects
- Enquêter sur ces violations et mettre fin à l’impunité des autorités qui enfreignent la loi, y compris les cas de décès suite à la violence policière.
- Assurer le droit d’accès à la justice pour les victimes de ces violations, et garantir l’impartialité de la justice.
- Exécuter les décisions judiciaires prononcées par les tribunaux au profit des ONG.

- Autoriser le rapporteur spécial de l'ONU sur la liberté de réunion spécifique et d'association à visiter le Maroc.

jeudi 29 septembre 2016

Débats en visuel de l’Association Marocaine des Droits Humains à la fête de l’Humanité 2016.





Cette année 2016,  l'AMDH a été présente à nouveau sur le site de la Fête de l'Humanité, dès le jeudi 9 septembre 2016 jusqu'au dimanche 11 septembre 2016.

Le vendredi 9 septembre 2016 à 20h, une rencontre a eu lieu avec les deux journalistes Samad Iach et Hicham Mansouri et le samedi 10 septembre 2016 à 16h, ce fut un -débat sur les droits économiques, sociaux et culturels dans les deux rives de la Méditerranée- avec la participation de  Khadija RyadiMaxime BesselièvreDavid DuslamAhmed GalaiSaid Sahli et Louisemodéré par Tahani Brahma.

Rencontre avec les deux journalistes Samad Iach et Hicham Mansouri



Débat sur les droits économiques, sociaux et culturels dans les deux rives de la Méditerranée



Vous pouvez retrouver les vidéos du débat sur les liens menant à l'intégralité sur la playlist ci-dessous :


Vous souhaitant bon visionnage de ces instants organisés à l'occasion de cette fête de l'Huma 2016.

mercredi 28 septembre 2016

Inquiétudes de la LADDH pour le journaliste Mohamed Tamalt.



La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) a exprimé ce mercredi ses inquiétudes concernant l’état de santé du journaliste Mohamed Tamalt, en prison depuis juillet dernier, actuellement au service de réanimation de l’hôpital Lamine Debaghine de Bab El Oued.

«Lors de son transfert à l’Hôpital, Mohamed Tamalt était dans un état lamentable suite à une grève de la faim. Sa famille signale des points de suture au niveau de son crâne et son frère n’arrive toujours pas à lui rendre visite à l’hôpital de Bab El Oued comme d’ailleurs ses deux avocats dont les demandes de permis de communiquer auprès du parquet général d’Alger sont restés sans suite », rappelle la LADDH.

Il y a deux jours, le frère de Mohamed Tamalt a fait le tour des rédactions pour dénoncer le refus des autorités de lui accorder l’autorisation de rendre visite à son frère. Il a même saisi, en vain, le ministère de la Justice, le procureur général près la Cour d’Alger et le président de la CNCPPDH, Me. Farouk Ksentini. Il cherche à connaître « les raisons » du transfert de son frère de la prison à l’hôpital et « s’assurer » de son état de santé.

Arrêté le 17 juin, Mohamed Tamalt a été condamné à une peine de 2 ans de prison ferme, le 4 juillet, peine confirmée le 9 août par la Cour d’Alger, pour avoir « offensé » le Président et « porté atteinte à l’honneur de personnalités de l’État » par ses écrits sur Facebook.


mercredi 7 septembre 2016

La CMODH organise deux débats à la fête de l'Humanité les 9 et 10 septembre 2016.





Cette année, et pour la première fois, la Coordination Maghrébine des Organisations des Droits Humains (CMODH) tient sa réunion de bureau à Paris. Elle organise à cette occasion une réception en faveur des organisations de défense des droits humains et des amiEs démocrates en France le jeudi 8 septembre, ainsi que deux débats à la fête de l’Humanité.

Ces deux débats se dérouleront au stand de l’ATMF situé au n°792, rue Charlie Chaplin-Village du monde- selon le programme suivant :

Vendredi 9 septembre

16h à 18h : Point sur la situation des droits humains dans les pays du Maghreb (une intervention par Pays).
Accueil de quelques défenseurs des droits humains poursuivis ou condamnés par les justices des pays du Maghreb présents en France

Samedi 10 septembre

10h à 12h : Ce débat est consacré à la thématique « Migration et droits humains » avec les intervenant-e-s :

- Abdallah Zniber : Militant associatif au sein de l’immigration, ancien réfugié politique marocain, un des fondateurs de l’ATMF et ancien président d'IDD (Immigration Développement Démocratie)

- Gustave Massiah : Membre fondateur du CEDETIM et de IPAM. Membre du Conseil scientifique d'ATTAC. Représentant du CRID au Conseil International du Forum Social Mondial. Il interviendra sur le Contexte et les enjeux des migrations internationales

- Khadija Ryadi : Coordinatrice de la CMODH, lauréate en 2013 du prix de l’ONU pour les droits humains. Elle interviendra sur les perspectives et le plaidoyer en faveur du respect des droits des migrants

Programme de l'Association Marocaine des Droits Humains à la fête de l'Humanité 2016.





Cette année 2016,  l'AMDH sera présente à nouveau sur le site de la Fête de l'Humanité, dès le jeudi 9 septembre 2016 jusqu'au dimanche 11 septembre 2016.

Notre adresse est située avenue Charlie Chaplin - Village du monde au stand 721.

Durant ces trois jours dès 9h, vous aurez l'opportunité de croiser militants, sympathisants et amis de l'AMDH, une table de presse et de documentation sera à votre disposition.

Dès le vendredi 9 septembre 2016 à 20h, une rencontre aura lieu avec les deux journalistes Samad Iach et Hicham Mansouri et le samedi 10 septembre 2016 à 16h, ce sera un -débat sur les droits économiques, sociaux et culturels dans les deux rives de la Méditerranée- avec la participation de  Khadija Ryadi, Maxime Besselièvre, David Duslam, Ahmed Galai, Sandra Demarcq, Said Sahli et Louise.

Enfin le dimanche 11 septembre 2016 à partir de 10h30 : une rencontre interne des sections européennes de l'AMDH marquera ce dernier jour.

Nous vous attendons nombreuses et nombreux !

Pour tout contact:

lundi 11 juillet 2016

NON à l'expulsion de Daddy M'BALA BALENSA !




La fête du 14 Juillet risque d’avoir un goût bien amer pour M. M'BALA BALENSA Dady. C’est en effet ce jour là qu’il va « fêter » son 45ème jour en rétention et que le Préfet des Hauts de Seine à choisi de lui réserver à 14h00 un vol pour Kinshasa.

Cette décision fait honte à la France et à une certaine conception des Droits de l’Homme qui s’est manifestée comme on sait un certain 14 Juillet 1789.

Mais qu’à donc fait M. M’BALA BALENSA Dady pour mériter une telle sanction ?

M. M’BALA BALENSA Dady est en France depuis le 18 Août 2010 (bientôt 6 ans donc), il vit à Courdimanche et est père d’un petit garçon né le 14 Janvier 2011. Séparé de la maman il participe activement à l’éducation de Lesdy et de sa sœur qu’il considère comme sa fille.
De plus M. M’BALA BALENSA Dady travaille autant que cela lui est possible et de Janvier 2015 à Avril 2016 il est employé par la Société KIWA Nettoyage située en Seine et Marne où réside son enfant et sa mère. Il a un contrat et des fiches de paye régulières depuis 16 mois. C’est ainsi qu’il aide sa famille dans leurs besoins.
M. M’BALA BALENSA Dady a fait tout ce qui était en son pouvoir dès son arrivée en France pour régulariser sa situation. A chaque fois ses demandes ont été rejetées ; sans doute les difficultés à stabiliser sa situation familiale et professionnelle ont motivé les refus mais comment créer cette stabilité sans titre de séjour ?
Malheureusement un ultime rejet en Juin 2015 suivi d’un OQTF notifié par le Préfet du 95 le condamne à l’expulsion et une interpellation par le Préfet du 92 placé depuis le 30 Mai 2016 organise cette expulsion.

Une fois de plus une famille va être démembrée, un père sera privé de ses droits, un enfant sera privé du soutien affectif de son père et de l’aide matérielle indispensable pour grandir et faire face aux difficultés psychologiques que cet enfant rencontre de surcroît. La mère de l’enfant à apporté son témoignage en faveur de l’enfant, la Société KIWA est prête a faire toutes les démarches nécessaires pour le conserver dans l’entreprise en qualité de chef d’équipe, les enseignantes et médecins suivant Lesdy témoignent de l’importance de sa présence effective.
Alors nous demandons aux Préfet du Val d’Oise et des Haut de Seine de faire un geste humanitaire en cette journée du 14 Juillet et d’arrêter cette machine infernale de l’expulsion qui va broyer 4 personnes. Il faut annuler le vol pour Kinshasa, libérer M. M’BALA BALENSA Dady et lui permettre de procéder à sa régularisation puisqu’il peut répondre à tous les critères en vigueur et notamment : ancienneté en France, famille proche, travail.

Merci d’envoyer des messages en ces sens à :

Yann.jounot@hauts-de-seine.gouv.fr Préfet des Hauts de Seine
Thierry.bonnier@hauts-de-seine.gouv.fr Secrétaire Général de la Préfecture des Hauts de Seine
Annick.robet@hauts-de-seine.gouv.fr Directrice de l’Immigration et de l’Intégration
Jean-yves.latournerie@val-doise.gouv.fr Préfet du Val d’Oise
daniel.barnier@val-doise.gouv.fr Secrétaire Général de la Préfecture du Val d’Oise
patrick.calvez@val-doise.gouv.fr Directeur de l’accueil du public, de l’immigration et de la citoyenneté
jean-pierre.jouyet@elysee.fr Secrétaire général Elysée
boris.vallaud@elysee.fr Secrétaire général Adjoint Elysée
thierry.lataste@elysee.fr Dircab Elysée
premier-ministre@pm.gouv.fr Matignon
sebastien.gros@pm.gouv.fr Chef de cab Matignon
patrick.strzoda@interieur.gouv.fr Dircab Intérieur
julie.burguburu@interieur.gouv.fr Dircab adjointe Intérieur
magali.charbonneau@interieur.gouv.fr Conseillère immigration Intérieur

samedi 25 juin 2016

Déclaration à l'attention de l'opinion publique nationale et internationale de la détenue politique Myriam AMANI.


Liberté pour la détenue politique Myriam AMANI


Je soussignée Myriam AMANI, prisonnière politique du groupe des détenus du 19 mai de Marrakech, déclare à l’opinion publique nationale et internationale entamer une grève de la faim de 48 heures comme premier avertissement, avec possibilité de poursuivre par une grève ouverte dans le cas où mes revendications n’auraient pas abouti.

Cette forme de lutte et de résistance s’impose désormais inévitablement à moi puisque toutes les autres voies pour imposer mes revendications simples et légitimes n’ont pas abouti. Depuis le 19 mai 2016 - date de mon arrestation-, mes geôliers n’ont eu de cesse de me réprimer : mes lunettes de vue ont tout d’abord été cassées ; j’ai ensuite subi toutes sortes de mauvais traitements et de torture au sein de la préfecture de la répression ; j’ai aussi fait une demande auprès du procureur du royaume afin de pouvoir bénéficier d’une expertise médicale mais ce dernier a refusé d’entendre ma demande et mes plaintes contre les exactions que mes camarades et moi-même avons subies. Par ailleurs, quand j’ai été transférée à la prison civile de Boulmerez, j’ai aussi demandé à pouvoir consulter un ophtalmologue pour que mes lunettes soient réparées et me soient rendues afin de pouvoir préparer mes examens : mais là encore, ma demande est restée lettre morte. J’ai alors demandé à avoir un entretien direct avec le directeur de la prison : ce dernier n’a pas seulement refusé ce rendez-vous mais il a aussitôt autorisé que je sois torturée sur le simple motif de cette demande. Je n’oublie pas non plus les humiliations répétées au quotidien et perpétrées à mon encontre par les femmes-gardiens, ni le refus qui m’a été imposé de toute communication téléphonique avec l’extérieur.

Suite à tous ces méfaits, pour exprimer mon refus de tolérer cette situation qui nous est imposée à mes 12 camarades et à moi, et pour refuser aussi que ma dignité en tant que prisonnière politique soit bafouée, j’ai pris la ferme décision d’entamer une grève de la faim de 48 heures, comme première alerte qui sera certainement d’une grève illimitée – et cela pour demander :


- la libération de tous les prisonniers politiques

- l’arrêt des charges fomentées contre nous

- notre reconnaissance en tant que prisonniers politiques

- un droit de visite direct pour ma famille et mes amis

- le droit d’avoir des communications téléphoniques

- le droit de pouvoir bénéficier de soins et d’une hygiène correcte

- le droit de pouvoir poursuivre mes études

- le droit à un temps de promenade prolongé.

Enfin, je déclare être retenue ici sans raison valable, de manière totalement arbitraire. Nous saluons

haut et fort tous ceux qui expriment leur solidarité avec nous, que ce soit des militants ou des

organisations démocratiques et progressistes.


Vive la voie de la lutte !

Liberté pour tous les prisonniers politiques !

La détenue politique Myriam AMANI
Numéro d’écrou : 44366

Prison civile Boulmerez – Marrakech
Le 23 juin 2016

mardi 26 avril 2016

Inquiétudes de la CNT suite au saccage de ses locaux syndicaux à Lille / Lettre ouverte.





Lettre ouverte à Monsieur le Ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve
Copies adressées à :
Monsieur le Ministre de la justice, Jean-Jacques Urvoas,
Monsieur le Premier ministre, Manuel Valls,
Monsieur le Président de la République, François Hollande
Fait à Metz, le 23 avril 2016


Objet : Inquiétudes de la CNT suite au saccage de ses locaux syndicaux à Lille


Monsieur le Ministre,

Comme vous le savez, ce mercredi 20 avril à Lille, les forces de police ont pénétré dans les locaux de l’Union locale des syndicats CNT, dans le cadre, selon le procureur de la République, d’une procédure de flagrant délit visant à interpeller des individus accusés de violences lors de la manifestation qui s’est déroulée le même jour à Lille contre la loi Travail. Cette intervention, nous vous le rappelons, a suscité notamment le défonçage de la porte de nos locaux syndicaux, le saccage d’une partie de notre matériel syndical, ainsi qu’une fouille approfondie de nos locaux syndicaux.

Si nous condamnons avant tout la violence employée ce jour là par les forces de l’ordre dans le cadre d’une procédure dont la légitimité et la légalité restent à déterminer, les événements survenus ce 20 avril à Lille soulèvent de nombreuses interrogations qui relèvent directement de vos responsabilités au sein du gouvernement.

Tout d’abord, nous vous rappelons avec insistance que c’est bel et bien au sein d’un local syndical, légalement déclaré et constitué, que les forces de l’ordre sont intervenues, constituant ainsi une première en France dans un tel cadre. Nous ne pouvons que considérer le fait de défoncer la porte d’un local pour interpeller deux individus, qui n’ont opposé aucune résistance lors de leur arrestation, comme une volonté politique de réprimer et de terroriser les militants syndicalistes. Nous condamnons donc fermement cette intervention qui s’inscrit dans une longue liste de décisions politiques visant à criminaliser les organisations syndicales, ainsi que le mouvement social dans son ensemble. En effet, après les nombreuses violences policières avérées à l’encontre de manifestants pacifiques opposés à la loi Travail, après les nombreuses interpellations ciblées et condamnations de militants syndicaux ces dernières semaines, la répression à l’encontre des syndicats vient de franchir ce mercredi un nouveau seuil de gravité.
D’autre part, puisqu’il semble utile de vous le préciser, les locaux syndicaux constituent bien des lieux qui appartiennent à des travailleurs exerçant des libertés démocratiques afin de défendre leurs intérêts, matériels et moraux. Par conséquent le saccage du matériel syndical de la CNT par la police nationale constitue bien une dégradation directe et scandaleuse de l’outil autofinancé des salariés, de précaires, de chômeurs, ou encore de retraités, dont la précarité et la légitimité des luttes sociales n’est pas à démontrer.

Pire encore, nous tenons à vous indiquer qu’après l’interpellation des deux individus présumés innocents dans nos locaux, qui n’a duré que quelques instants, les forces de police ont longuement fouillé notre local syndical et cela sans la présence des représentants légaux de l’Union locale des syndicats CNT de Lille et sans témoins. Durant cette fouille, les policiers ont notamment eu accès à des documents confidentiels internes au syndicat ou relevant, entre autres, de procédures prud’homales concernant la défense de salariés face à leurs employeurs. Alors que de telles pratiques semblent bien éloignée de la procédure de flagrant délit invoquée par la procureur de la République de Lille, elles constituent une entrave inadmissible au libre exercice du syndicalisme et à l’indépendance de la justice.

Ainsi, au regard de la gravité de ces éléments et du caractère historique d’une telle intervention dans un contexte social tendu, nous nous interrogeons vivement. Les structures locales de la CNT, comme l’ensemble des organisations syndicales doivent-elles désormais s’inquiéter de voir les forces répressives de l’État pénétrer violemment dans leurs locaux au mépris de toute éthique démocratique ? Doivent-elles s’inquiéter de voir le libre exercice de leur activité et sa légalité être remis en question ? Au-delà, les travailleurs qui font le choix légitime de se syndiquer doivent-ils désormais craindre d’être fichés ou violentés lorsqu’ils se rendent dans les locaux d’une organisation syndicale dont le rôle est de les protéger ?

Quoi qu’il en soit, Monsieur le Ministre, soyez assurés que ni la répression policière, ni l’intimidation des travailleurs syndiqués, ni la criminalisation politique du mouvement social n’ébranleront la détermination de la Confédération nationale du travail à obtenir le retrait total de la loi Travail, à lutter contre la destruction méthodique des acquis sociaux et la précarité, et à obtenir la levée de l’état d’urgence qui favorise indéniablement un climat propice aux violences policières et à la répression du mouvement social dans son ensemble.

Ne doutant pas de votre attachement au respect des valeurs démocratiques et notamment au libre exercice des libertés syndicales, et alors que nous restons dans l’attente d’un positionnement public de votre part vis-à-vis de nos interrogations, veuillez recevoir nos plus sincères salutations anarcho-syndicalistes et syndicalistes révolutionnaires.

Pour la Confédération nationale du travail,
pour le Bureau confédéral,
le Secrétaire confédéral,
Aurélien E.